Un jeune homme d'une trentaine d'année et d'une pâleur de mort, vêtu d'un vieil uniforme de la Royale qui avait bien vécu, entra dans la taverne.
Bonjour à tous et salutations à ces dames,
Je me présente Siegfried Von Winkelried, humble corsaire à l’esprit indépendant et naviguant en ce moment pour le Roi de France.Il fut pris de tremblements. Comme mon patronyme le suggère certainement à plusieurs d’autres vous, je ne suis pas Français. Je naquis en Prusse, fils bâtard et mal-aimé d’un hobereau et d’une femme de petite vertu en l’an 1577 et fus élevé par un voisin maître d’armes et de la plus haute noblesse.
Mon père alcoolique et joueur invétéré dilapida l’ensemble de notre fortune douloureusement gagnée. Il eut la chance de périr de la peste de 1602, ce qui lui évita de mourir de mes mains.(Un prêtre fit un signe de croix). Je décidais après sa mort de quitter la région et de partir à l’aventure accompagné de mes compagnons et amis. Nous choisîmes les Nouvelles Indes, car on prétendait qu'ici l'argent coule à flots et qu’on trouve l'or au fond des ruisseaux.
Nous nous arrêtâmes en la Ciudad de Nuestra Señora Santa María del Buen Ayr et tentâmes d’y faire fortune par divers procédés avouables et inavouables. (Il toussa et sembla tomber un instant). Le gouverneur nous y en chassa. Je partis donc dans les Caraïbes, toujours suivi de mes compagnons. Mon tempérament passionné me fit alors tombé amoureux de la fille d’un gouverneur de passage , pour lui prouver ma valeur et mes origines, j’obtiens un poste dans la Royale.
Le destin voulut que le gouverneur de Ciudad de Nuestra Señora Santa María del Buen Ayr eût envoyé des forbans et des bandits à mes trousses. Ils révélèrent mes actions passées à mon futur beau-père. Pour mon malheur, sa fille s’était amourachée d’un Don désargenté d’Espagne et n’intercéda pas en ma faveur. (Quelques Espagnols présents sourirent). Ne voulant pas mourir célibataire, je fuis et partis m’installer dans une autre ville. Désireux de gagner un pécule, je m’achetai un vaisseau et décidai de louer mes services au plus offrant.
Laissez-moi maintenant vous présenter mes compagnons :
Cet homme de haute stature à mes côtés se nomme Hjalmar, un ancien compagnon d'armes et ami de longue date qui a, un jour, juré de me protéger au péril de ma vie. Il ne parle pas beaucoup, mais ses avis sont pragmatiques et souvent adaptés à la situation.
(Les spectateurs furent surpris et admiratifs devant cet homme et ne pouvaient s'empêcher de regarder sa hache de guerre à deux mains.)
Cet ancien encore vert est le professeur Lucius Von Grabenstein. A la fois philosophe, médecin , linguiste, mathématicien et cartographe, il est capable de lire Platon ou César dans le texte et de discourir sur le sens de la vie aussi bien que sur le repas de demain rires. Il a été mon précepteur et un second père. Il est le plus raisonnable et le plus diplomate d'entre nous.
(Le vieil homme s'inclina avec politesse et dignité)
Cette jeune femme timide qui se cache derrière moi est rougissement, le corsaire semblait rechercher ses mots et bafouillait ma...jeune...cous (le professeur se pencha vers son oreille) soeur...Louise.
(Les regards des hommes de l'assemblée convergèrent vers une magnifique jeune femme blonde d'une vingtaine d'année qui s'empourpra). Excusez sa timidité, elle est fort sensible, vous savez. (La jeune femme s'avança et fit la réverence, des femmes de l'assemblée se mirent à chuchoter).
(Bau Bau) J'oublais mes deux amis de toujours, mes chers molosses Zeus et Apollon.
Je souhaite savoir où je peux trouver. Le corsaire se mit soudain à tousser et vomit du sang. Rentrons ... au navire (Il recracha)...mes amis (il semblait mourir) voila que le mal revient ... ma poitrine.
Le groupe partit en hâte. Les commentaires fusèrent aussitôt.
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