II.
Rien n'est moins descriptible que le plus profond
Des plus inconcevables des lointains rivages
Ceux que, dissimulés, assez vite oublierons
Chaque jour un peu plus, comme passent les âges
Autrefois près d'ici, convois en perdition
De fidèles montures, cavaliers et barnages
Caravanes hâlées par armée de poissons
Qui dès lors sont charriées, déssechées sur les plages
Ruine d'amphithéâtre devenu prison
Colonnes effondrées sont là devenues cage
Où la lumière d'or s'épand en fins rayons
Au coeur : chevaux de mers liés en attelage
Les sabres des requins, squales charcarodons
Illustres cap-horniers, reflètent leur image
Sur le roc leurs crocs sûrs exercent la pression
Qui fait céder la gangue enrobant l'équipage
Et, dansante déjà, toute en contemplations
L'assemblée pénitente entame un pieux voyage
Pour à son terme offrir carcasses aux grands fonds
Comme en un mystérieux sacrifice sauvage
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William Dampier
"Car cette flamme qui me consume est aussi celle qui m'éclaire"
Etienne de la Boétie